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"Jusqu’a ce jour, je
n’ai pas parlé de mes
deux garçons .Pourquoi?
J’avais honte? Peur que
l’on me
plaigne?"
"Aujourd’hui que le
temps presse... J’ai
décidé de leur écrire un
livre… pour qu’on ne les
oublies pas, qu’il ne
reste pas d’eux
seulement une photo sur
une carte d’invalidité"
"Comme Cyrano de
Bergerac qui choisissait
de se moquer lui- même
de son nez, je me moque
moi-même de mes enfants.
C’est mon privilège de
père."
Notre album de famille
est plat comme une
limande. Un enfant
normal, on suit pas à
pas ses progrès. Un
gosse handicapé on n’a
pas envie de suivre sa
dégringolade.
"Avec mes enfants, on ne
craint jamais de se
répéter, ils oublient
tout .Avec eux jamais de
lassitude, ni d’habitude
ni d’ennui. Rien ne se
démode, tout est
toujours nouveau"
"Nous n’avons pas eu à
choisir entre la filière
scientifique et la
filière littéraire, pas
eu à savoir ce qu’ils
feraient plus tard, on a
su rapidement que ce
serait : rien"
"Mathieu et Thomas ne
connaîtront jamais Bach,
Schubert, Brahms,
Chopin... ces musiciens
qui certains matins
tristes... nous aident à
vivre"
"On ne pourra jamais
admirer ensemble un
paysage d’une beauté
indicible... Ils ne
connaîtront jamais
Watteau… ils n’iront
jamais au musée .De ces
grandes joies qui aident
l’humanité à vivre ils
vont être privés aussi."
"Il ne faut pas croire
que la mort d’un enfant
handicapé est moins
triste. Elle est
terrible la mort de
celui qui n’a jamais été
heureux, celui qui est
venu faire un petit tour
sur Terre uniquement
pour souffrir"
Deux très belles pages
106 et 107 "si vous
étiez comme les
autres..."
Un livre qui dérange, un
sujet grinçant, dur,
âpre, traité sur le mode
de l’ironie, et de
l’autodérision, mais
aussi des pages pleine
de regrets, de
nostalgie, et de
tendresse.
Un livre d’écrivain
certes mais surtout le
livre d’un père ? |